Discours de Pierre Céré lors du dîner Conférence du Comité Chômage de Montréal du 18 novembre 2011.
Bonjour,
Au nom du Comité Chômage de Montréal et du Conseil national des chômeurs,
j’aimerais vous remercier d’être là, et particulièrement vous remercier, vous, Madame Marois, d’avoir accepté notre invitation.
Avec ce dîner-conférence, aujourd’hui, nous voulons lancer un débat public sur le rapatriement au Québec du régime d’assurance-emploi.
On nous a demandé « pourquoi », quelles étaient nos raisons ?
C’est à ça que je vais tenter de répondre aujourd’hui.
Les groupes que nous sommes, au Conseil national des chômeurs, défendons à chaque jour, un par un, des travailleurs qui sont refusés à l’assurance-emploi. Du monde comme Madame Patry de Joliette, Madame St-Hilaire du quartier St-Michel à Montréal, Monsieur Bédard qui travaille dans le réseau des garderies, Alexandre dans la construction ou Nourredinne, soudeur. Et nous avons pu constater les effets dévastateurs des contre-réformes de 1990, 1993, 1994 et celle de 1996 : resserrement des critères d’admissibilité, réduction du taux de prestations et introduction de méthodes de calcul biaisées, réduction de la période couverte, mesures d’exception, exclusions de toutes sortes, judiciarisation extrême, etc.
C’est pour ça, et depuis déjà longtemps, que nous avons engagé une bataille politique pour que le régime d’assurance-emploi recouvre sa vocation : celle de soutenir économiquement les personnes qui perdent leur emploi.
Et, en la matière, nous prenons acte d’un certain nombre de choses :
Nous nous battons depuis une vingtaine d’années : au début, sur la défensive, en réaction aux coupures à l’AE ; ensuite à l’offensive, à partir de 2003-2004 avec cette stratégie d’alliances qu’a représentée la Coalition des Sans-Chemise, et visant l’amélioration sinon la transformation de ce programme. Rien n’a bougé.
Nous avons utilisé tous les outils démocratiques à notre portée. Nous avons mené campagne à chaque élection fédérale depuis 2004, parfois avec beaucoup d’impact. Rien n’a bougé.
Nous avons marché jusqu’à Ottawa, rencontré les caucus des partis d’opposition, demandé une rencontre avec le PM Harper. Rien n’a bougé.
Nous sommes sortis de nos zones de confort; nous avons engagé le dialogue avec d’autres secteurs politiques différents de nous. Nous l’avons fait sans aprioris, sans dogmatisme, et cela a été formateur. De cette façon, en 2007, nous avons levé une large coalition parlementaire qui réunissait les 3 partis politiques de l’opposition à Ottawa, les centrales syndicales québécoises et canadiennes. Rien n’a bougé.
Nous avons soutenu d’innombrables projets de loi. Nous sommes allés témoigner à plusieurs reprises devant de nombreux Comités parlementaires et sénatoriaux. Rien n’a bougé.
Il y a eu des recours juridiques jusque devant la Cour suprême, entamé par les syndicats de la CSN et de la FTQ. Rien n’a bougé.
Nous avons suscité l’adhésion d’une majorité de municipalités québécoises à une déclaration de changements à l’assurance-emploi. Rien n’a bougé.
Nous avons réuni l’an passé les principaux représentants des syndicats et des employeurs québécois pour discuter pendant toute une journée d’assurance-emploi. Nous avons constaté des lieux de rencontre entre nos deux visions. Rien n’a bougé.
Nous prenons acte, aussi, que nous avons été seuls, nous, au Québec, à mener ce combat. Et ce n’est pas faute de ne pas avoir essayé. Nous sommes allés au Nouveau-Brunswick, en Ontario, rencontrer des syndicats, des groupes sociaux. Jamais, jamais, nos campagnes d’opinion publique et de pression n’ont su déborder les frontières québécoises.
Nous prenons acte aussi du résultat des dernières élections fédérales.
Vous avez devant vous des gens qui ont épuisé tous les recours possibles, qui se sont investis corps et âme dans cette bataille.
Pour autant, nous ne sommes pas fatigués, mais nous ne serons pas les Don Quichotte de cette bataille.
On ne mène pas ce combat, comme disait le poète, pour passer le temps. Nous ne menons pas ce combat pour des subventions.
Nous le menons pour le gagner.
Et nous sommes arrivés à la conclusion suivante : les routes de l’assurance-emploi, vers Ottawa, sont bloquées. Les portes sont fermées.
Nous croyons qu’est venue le temps d’engager le débat sur son rapatriement au Québec. Nous en avons les moyens, nous en avons les infrastructures, nous en avons l’expertise et nous en avons l’expérience. Nous prenons à témoin le rapatriement, entre 1998 et 2006, des prestations maternité et parentales de l’assurance-emploi, pour créer notre propre régime d’assurance parentale. Il y a là une véritable inspiration.
Nous sommes peut-être assez grands, comme peuple et comme société, pour nous occuper de nos affaires. Vous aurez compris que le « peut-être » n’est pas un « peut-être » mais une affirmation assumée.
Nous som-mes-ca-pa-bles.
Soyez assurés que nous n’engageons pas ce débat de façon partisane. Bien sûr, nous entendons déjà certaines voix s’exprimer et dire qu’en nous affichant ainsi à côté du Parti québécois, nous nous mettons au service d’un parti politique. Nous ne broncherons pas. Parce que nous savons de quelle façon nous engageons cette nouvelle bataille, nous savons sous quel angle nous l’envisageons, celui d’un large front commun, dans le respect des différentes sensibilités, de façon à converger vers un même objectif nous permettant d’avancer comme société. Nous ne nous connaissons aucune autre partisannerie que celle du mieux-être de notre société.
Non plus, nous n’engageons pas ce débat contre le reste du Canada. Au contraire, nous espérons, sincèrement, que des forces sociales et des forces politiques canadiennes, je pense ici au Congrès du travail du Canada, à nos amis du NPD, à des militants libéraux, sauront comprendre et devenir facilitateurs d’un tel processus.
Aujourd’hui est le point de départ d’une nouvelle bataille, qui demeure au fond la même : nous croyons que les travailleurs doivent bénéficier d’une sécurité économique en cas de chômage. En la matière, le régime fédéral a failli.
Et le rapatriement vise, pour nous, cet objectif : protéger les travailleurs qui perdent leur emploi, régler ces questions d’admissibilité, avoir un programme modernisé qui sache répondre aux besoins de la population.
Nous nous engageons dans cette voie nouvelle avec ce sentiment d’être là où nous devons être et, pour paraphraser Victor Serge, de faire, avec désintéressement total, ce que nous croyons devoir être fait pour être utile aux hommes et aux femmes de notre société.
Voilà le sens de notre engagement.
C’est un peu comme ça que je connais mes camarades du CNC : dévoués, désintéressés, honnêtes.
Et nous nous engageons dans cette nouvelle bataille avec détermination, avec conviction, avec énergie.
Je vous remercie de l’attention que vous m’avez accordée.
Novembre 2011
L’assurance-emploi
est un régime discriminatoire
par Pierre Céré
Porte-parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses
Quelqu’un qui travaille, qui paye ses cotisations à l’assurance-emploi et qui perd son emploi suivant un « manque de travail » ou une « fin de contrat », peut se voir refuser l’accès aux prestations d’assurance-emploi. Des milliers de travailleurs et de travailleuses de l’industrie saisonnière, à chaque automne, vivent ce cauchemar. C’est vrai en Haute-Côte-Nord et dans la région de Charlevoix, en Gaspésie, dans le Bas du Fleuve, en Abitibi, dans la région de Montréal et d’ailleurs.
Une partie de l’emploi au Québec repose sur une industrie saisonnière : tourisme, pêche, aménagement paysager, etc. À la fin de cette saison, personne, jamais, n’est certain de pouvoir se qualifier aux prestations de chômage. En effet, on se qualifie à partir de son adresse de résidence, en fonction d’un taux de chômage rattaché à sa région, taux qui est recalculé à chaque mois. De plus, ces régions sont des régions administratives dont le découpage opéré par le gouvernement fédéral en 2000 est complétement arbitraire.
Ainsi, autour de Montréal, un résident de Mirabel et un autre de Lachute, deux municipalités géographiquement proches, relèvent de régions distinctes : Mirabel est rattaché à Montréal alors que Lachute fait partie du Centre du Québec. Ces deux « voisins » qui habitent l’un à Mirabel et l’autre à Lachute auront pu travailler au même endroit, faire les mêmes tâches, pendant la même période de temps, au même salaire : l’un se qualifiera alors que l’autre non. Pourquoi? Parce que selon la Commission de l’assurance-emploi (dorénavant appelé « Service » Canada), ils n’habitent pas la même région, les taux de chômage sont différents et donc l’admissibilité serait aussi calculée différemment : dans l’une on se qualifierait avec, par exemple, 560 heures alors que l’autre serait fixée à 595 heures de travail. Voilà le résultat de l’arbitraire fait loi et où le fonctionnement et les procédures sont à cette image : cyniques.
Les exemples de ce type se multiplient à travers l’ensemble du Québec. Ainsi, la Haute-Côte-Nord et Charlevoix sont rattachés à une région administrative qui inclue le Bas du Fleuve, une partie du Saguenay et du Lac St-Jean, et d’autres secteurs de la Côte-Nord. Les réalités de cette région administrative ne sont pas les mêmes d’un secteur à l’autre, avec comme conséquence que les critères d’admissibilité ont été relevés et que de nombreuses personnes de la Haute-Côte-Nord et de Charlevoix ne parviendront pas à se qualifier. Et s’ils se qualifient, ce sera pour une période de prestations plus courte. Pourquoi? Parce qu’un taux de chômage à la baisse a deux conséquences : plus d’heures de travail pour se qualifier pour recevoir moins de semaines de prestations. Qui en seront les victimes? Les salariés de l’industrie saisonnière et, de façon générale, l’économie de leur région.
C’est l’arbitraire qui mène dans les bureaux du Ministère des Ressources humaines du Canada, responsable de la loi de l’assurance-emploi : arbitraire décidé, calculé, voulu.
Manifestement, les routes de l’assurance-emploi en direction d’Ottawa sont bloquées. Nous prenons acte et réclamons dorénavant le rapatriement de ce programme au Québec, afin que nous en fassions un régime adapté aux besoins de la population travailleuse, dénué de ces iniquités.
Novembre 2011
AVEC
les Indignés
par Ian Forand
Représentant en défense de droit au Comité Chômage de Montréal
Inscrit dans la foulée d’Occupy Wall Street, Occupons Montréal est un exemple de civisme recueillant un capital de sympathie très large. Même à la Ville de Montréal, pour l’instant, il n’est pas question de les déloger. Le phénomène devrait donc s’amplifier.
Il faut donner du crédit à ce mouvement civique, l’indignation est en partie un remède et pas seulement un succédané, pour prévenir le fatalisme et la démobilisation, car pour se mobiliser, il faut s’indigner. Après tout, si tout allait bien, pourquoi changer de trajectoire? Hors, tout ne va pas bien en ce bas monde. Comme l’a fait remarquer le Conference Board du Canada, le gouffre qui sépare les plus riches du reste de la population ne cesse de se creuser et ce, plus rapidement ici qu’au sud de la frontière. Cette inexorable pente doit être prise très au sérieux.
Les élites politiques et économiques canadiennes et québécoises ont la responsabilité de faire en sorte que l’écart entre riches et pauvres s’amenuise au lieu de s’amplifier. Maintenir la trajectoire actuelle serait irresponsable et aurait, à terme, des conséquences funestes pouvant affecter grandement la relative paix sociale si cher à ces mêmes élites.
De notre côté, nous croyons qu’il existe des pistes de solutions concrètes dont pourraient s’inspirer les élus. Il va de soi qu’après l’indignation, il faut des solutions! Selon nous, il y a des moyens très simples et efficaces pour aller en ce sens.
L’économiste Pierre Fortin affirmait récemment que le resserrement des règles de l’assurance-emploi durant la dernière moitié des années 1990 était le principal responsable de cette situation. Il est donc temps que l’amélioration du régime d’assurance-emploi soit à l’ordre du jour pour ralentir, voir endiguer cet appauvrissement tout azimut du plus grand nombre et cet enrichissement indu d’une minorité de magiciens des finances. L’économie réelle devrait, de toute évidence, prévaloir sur l’économie virtuelle ,soumise aux aléas boursiers et à la spéculation. Après tout, s’assurer que chacun ait un revenu de remplacement lorsqu’il perd son emploi pourrait amenuiser les effets pervers du modèle économique actuel et remplir au moins partiellement le gouffre qui sépare les 99% des fameux 1% .
Juin 2011
NOUS PRENONS ACTE!
par Pierre Céré
Porte parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses
Nous n’aurions pas cru et pourtant c’est arrivé : un gouvernement majoritaire conservateur a été élu malgré le rejet de 83% des citoyens québécois. Cela n’augure rien de bon, non seulement pour les préoccupations qui sont les nôtres, celles d’un meilleur régime d’assurance-emploi, mais aussi sur d’innombrables autres questions sociales et économiques. Ce gouvernement est irrémédiablement engagé à réduire la taille de l’État. Pour cela, il coupe les sources de revenus et, par prolongement, coupe dans les dépenses. Tous les programmes, tous les ministères, l’ensemble de l’appareil, vont en être affectés, sauf les secteurs privilégiés par les conservateurs (police, armée, répression).
Ce qui s’est passé n’augure rien de bon. Ce gouvernement, déjà arrogant lorsqu’il était minoritaire, sera dorénavant intraitable. Face à eux, et
malgré la grande avancée réalisée par le NPD, que nous saluons au passage, l’opposition de façon générale est affaiblie : le Bloc est anéanti, les libéraux sont à terre. Il n’y aura, à toutes fins pratiques, que le NPD pour s’opposer vigoureusement aux politiques conservatrices, mais ces voix ne seront pas prises en compte. Les conservateurs vont dérouler leur plan de match, et ça risque de faire mal.
Toutes nos stratégies depuis 7 ans ont été bâties autour d’un gouvernement minoritaire et d’une opposition majoritaire, sur le fait que cette dernière pourrait éventuellement imposer une volonté nouvelle. Ce temps est révolu. Au regard de l’assurance-emploi, nous ne pouvons espérer aucune amélioration, sinon, peut-être, et encore une fois, des reculs.
Rapatrier au Québec le régime d’assurance-emploi?
Nous nous battons depuis presque 20 ans contre les réformes imposées au programme d’assurance-emploi, celle de 1993 et surtout celle de 1996. Ces réformes ont imposé une restruc-turation de l’assurance-emploi, de façon à exclure une majorité de travailleurs qui ont pourtant cotisé au régime. De plus, ces compressions ont entraîné les surplus que nous connaissons
(57 milliards) et qui ont été détournés par le gouvernement fédéral.
Nous avons déployé d’innombrables campagnes, dont la dernière, celle des Sans-Chemise au cours des dernières élections fédérales. Cette campagne, d’ailleurs, fut certainement l’une des meilleures que nous ayons livrées depuis que nous intervenons dans le processus électoral, avec nos pancartes et notre propre matériel de publicité. Nous étions partout, dans toutes les régions, très visibles, au cœur du débat.
Que nous faudra-t-il faire, maintenant que la route fédérale semble irrémédiablement fermée, du moins pour les 4 ou 5 prochaines années? Le moment serait-il venu d’envisager le rapatriement au Québec du régime d’assurance-emploi?
Le rapatrier pour en faire un programme qui assume la mission qui doit être la sienne soit de protéger économiquement les travailleurs et les travailleuses qui perdent leur emploi.
Le rapatrier comme nous l’avons fait, il y a quelques années,
pour les prestations maternité et parentales, en créant notre propre régime de prestations parentales, de loin plus performant et plus adapté aux nouvelles réalités et aux besoins des gens.
Avec l’élection de ce gouvernement majoritaire, nous venons de rencontrer un mur. Mais attention, il y a d’autres routes dans lesquelles nous pourrions nous engager pour mieux le contourner…
Mars 2011
Mars 2011
« Ça sert à rien tout ça ! »
par Pierre Céré
Porte parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses
« Ça sert à rien tout ça… » Voilà des mots qui ont été exprimés à notre égard, devant l’action que nous menons depuis de nombreuses années. Des mots qui résonnent toujours. Des mots, par ailleurs, qui n’ont rien de nouveau : les oiseaux du malheur traversent les époques. Nous ne sommes pas de ceux-là.
« Ça sert à rien tout ça… » Comme si, à une certaine époque, on aurait dit à ceux qui nous ont précédés qu’il était vain de réclamer un régime universel et gratuit d’accès aux soins de santé, une loi protégeant les travailleurs accidentés, une loi pour protéger les droits des locataires, des lois pour favoriser l’équité, l’égalité… Se souvient-on aujourd’hui de ces esprits défaitistes qui, de tout temps, ont proclamé que « tout ça ne sert à rien »?
Les progrès sociaux ne se bâtissent pas à coups de victoires instantanées. Ils se construisent dans le combat, dans les défaites, dans le doute, dans les tentatives faites et refaites, et surtout ils mûrissent par la force de nos convictions.
Nous avons cette imperturbable conviction que les travailleurs doivent être protégés économiquement en cas de chômage. Nous avons trop vu, trop ressenti, les drames humains rattachés non seulement à la perte d’un emploi mais au refus de cette protection économique que représente, normalement, l’assurance-emploi. Assurance-emploi bafoué par tous les gouvernements en place depuis 20 ans.
Nous avons nourri l’espoir, sans nous bercer d’illusions, que certains pourraient faire le choix, noble, de contribuer à la solution du problème qu’ils avaient eux-mêmes participé à créer. Nous pensons aux Libéraux. Nous avons cherché, et nous continuons, inlassablement, à bâtir des majorités autour de ce projet d’une protection économique rendant justice aux travailleurs en chômage, cherchant à élargir ces majorités à d’autres secteurs de la société, moins enclins il faut le dire à ce genre de considérations. Nous pensons ici aux milieux patronaux.
Nous croyons que vivre ensemble, c’est travailler à bâtir ensemble une meilleure société, où chacun puisse disposer des leviers nécessaires à son épanouissement. Est-ce là l’expression d’une utopie? Non. Pourquoi? Parce que la société se transforme, qu’elle évolue, et qu’elle change justement au fruit de nos batailles passées et présentes.
C’est pourquoi, de nouveau, nous nous engageons dans une nouvelle campagne de pression sur le gouvernement fédéral, campagne qui aura lieu lors des prochaines élections. Nous poserons des milliers de pancartes sur le territoire québécois pour exiger du fédéral ces changements à l’assurance-emploi.
Chemin faisant, nous oublierons ces oiseaux du malheur, préférant chanter ces mots de Pierre Lapointe :
« Celui qui tombe se relèvera
Si aujourd’hui je pleure dans tes bras,
Demain je repartirai au combat.
Ce n’est sûrement pas de tomber
Qui nous empêchera de rêver! »
Vendredi 29 octobre 2010
Merci à vous, ami(e)s du Comité chômage de Montréal
Suite au grand succès de la troisième édition du dîner-conférence du Comité Chômage de Montréal, nous souhaitons remercier chaleureusement tous les invités qui étaient présents et plus particulièrement nos conférenciers, Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois ainsi que Jack Layton, chef du Nouveau Parti Démocratique.
Vous avez été nombreux à accepter notre invitation et ainsi souligner votre appui à notre mission. Pour un organisme comme le nôtre, avec un budget très modeste, un tel événement est important, incontournable même. Il y a fort à parier que l’année prochaine vous serez de nouveau invité.
Octobre 2010
Régions prises en otage
par Danie Harvey
Directrice générale du Mouvement action-chômage de Charlevoix
Depuis l’an 2000, Charlevoix et d’autres régions profitent de mesures transitoires, ces mesures ont été mises en place suite au redécoupage des régions économiques pour l’assurance-emploi. Après que toute la région se soit levée debout, le gouvernement libéral de l’époque a «offert » à la population des mesures permettant une adaptation à la nouvelle réalité. Dix ans plus tard ces mesures sont toujours présentes, chose étrange puisqu’elles devaient se terminer en 2005… Le gouvernement fait preuve de négligence et il refuse de régler une fois pour toute le problème qu’il a créé… On le déplace, comme ça on s’engage moins ! Ensuite, le gouvernement a reconnu que le programme de l’assurance-emploi était mal adapté. Le résultat? Des projets pilotes ! Les régions ayant un haut taux de chômage ont bénéficié d’une panoplie de ces projets !
Oh! Malheur! À la veille de la fin du premier projet pilote, rien ne nous laissait croire qu’il serait reconduit, ni les jours suivants d’ailleurs. Alors voici que le nombre d’appels a cru sans cesse à nos bureaux, les travailleurs étant inquiets, les employeurs aussi. Que nous réservera l’avenir? Et le comble : le 23 octobre annonce la fin de celui qui avantageait monétairement les chômeurs, c’est pas la panique mais l’inquiétude s’amplifie…. 1 appel sur 2 logé à notre bureau est à ce sujet : Comment sera calculé ma prochaine prestation? Est-ce que j’aurai assez de semaines de travail pour ne pas être pénalisé par le nouveau calcul? Qu’est-ce que c’est que cette histoire de dénominateur ? Depuis un mois, nous sommes pessimistes, peu de chances de reconduction.
Mais voilà que, contre tout attente, un communiqué met fin à toute cette saga, le gouvernement reconduit les projets pilotes, pas tous, mais les plus importants pour les régions comme Charlevoix Nous nous empressons de faire parvenir la nouvelle à la radio locale qui diffuse l’information instantanément. Nous contactons nos membres pour leur annoncer la « bonne nouvelle ». Soupir de soulagement….
Toutefois restons vigilants, tout ça demeure temporaire. Les mêmes inquiétudes, les mêmes questions, reviendront l’automne prochain: la Loi n’est pas changé ! Le Mouvement Action-Chômage de Charlevoix trouve odieux que le gouvernement Harper, prenne en otage la population ! Qu’est-ce-que c’est que cette façon de faire ? S’il le savait, pourquoi a-t-il attendu au 12 octobre pour en faire l’annonce ? Semer la panique et l’inquiétude ne sont rien pour améliorer son capital de sympathie, mais en fait : qui peut avoir encore de la sympathie pour un gouvernement sans cœur ni sens moral ? Pas nous en tout cas ! Il est clair pour notre organisation que la Loi est désuète et mésadaptée. Il faut sans tarder y apporter des modifications importantes qui amélioreront le sort de tous les Canadiens, mais particulièrement le sort de nos concitoyens des régions.
octobre 2010
Nous réclamons une réforme
par Pierre Céré
Porte-parole du CNC
Depuis juin 2004, les chômeurs des régions à fort taux de chômage* bénéficient d’une mesure spéciale : 5 semaines de prestations supplémentaires. Au printemps 2009, cette mesure avait même été étendue à l’ensemble des régions du Canada. On appelle une telle mesure « projet-pilote », car ayant un caractère administratif, à durée limitée. En d’autres mots, rendue à échéance, il est laissé à la discrétion du gouvernement de renouveler ou non la mesure. Depuis 2004, elle a été à chaque fois reconduite, et pour des périodes variant entre 18 et 24 mois. Cette fois-ci, le gouvernement a sérieusement hésité.
En effet, ce projet-pilote a pris fin le 11 septembre 2010 et l’annonce de son renouvellement n’est venue qu’un mois plus tard, soit le 12 octobre. Il est, cette fois-ci, renouvelé pour une période de 2 ans, mais on revient à la case départ, puisque seules les régions déjà désignées (soit à fort taux de chômage) y auront droit.
Qu’attendaient les conservateurs? Que les travailleurs saisonniers revivent à la fin de l’hiver prochain, les affres du « trou noir », c’est-à-dire la fin des prestations de chômage avant la reprise des activités (pêche, bois, tourisme, etc.)?
Quant aux autres projets-pilotes qui viennent à terme cet automne (le calcul sur les 14 meilleures semaines, le 40% de gain admissible, etc.), le gouvernement a aussi annoncé leur reconduction, mais pour des périodes beaucoup plus courtes. Ainsi, celui du 40% de gain admissible qui devait se terminer le 4 décembre 2010 sera prolongé de seulement 8 mois, et prendra fin le 6 août 2011 (s’adresse à toutes les régions du Canada), alors que celui du calcul du taux de prestations effectué sur les 14 meilleures semaines est aussi prolongé de 8 mois et se terminera le 25 juin 2011. Ce dernier projet-pilote ne vise que les régions désignées.
C’est la valse des projets-pilote qui, à chaque fois, tient tout le monde en haleine.
Il est tout à fait extraordinaire qu’on augmente le taux de cotisation, comme cela se fera à compter de 2011, et qu’en même temps ce gouvernement gère nos protections à la petite semaine, et avec beaucoup de petite politique. Nous n’avons d’ailleurs pas oublié les 57 milliards de dollars qui ont été détournés par le gouvernement de la caisse d’assurance-emploi, ni que cette dette a été effacée lors du dernier budget fédéral, au printemps 2010. Ainsi pour arriver à ses fins, le gouvernement conservateur a usé de supercherie : il a aboli le « compte d’assurance-emploi » qui comptabilisait cette dette s’élevant à 57 milliards de dollars, et qui dérangeait tant ce même gouvernement, pour créer à côté un nouveau compte, le « compte des OPÉRATIONS d’assurance-emploi ».
Grâce à ce subterfuge, il a effacé la dette et imputé au nouveau compte, un déficit d’opérations. Les bandits à cravate ne sont tous, manifestement, des représentants d’agences financières...
Ce gouvernement a un comportement irresponsable au regard du régime d’assurance-emploi, et des besoins de la population. Il politise ce régime, l’utilise à des fins électorales. Pensons par exemple à cette création toute récente d’une nouvelle catégorie de prestations spéciales d’assurance-emploi (15 semaines pour les familles des victimes d’actes criminels) en même temps que le porteur de cette revendication devenait sénateur et, depuis, souvent placé aux premières lignes pour justifier et défendre des projets de loi durcissant l’appareil judiciaire.
Une réforme de l’assurance-emploi devient pressante.
Une réforme visant sa modernisation, c’est-à-dire adapter ce régime aux nouvelles réalités du travail, et donc aux besoins de la population. Une modernisation visant entre autres à assouplir et à simplifier son admissibilité, le calcul du taux et de la période de prestations, sa gestion. Il y a urgence.
Notre action vise un tel objectif.
________________
* Au Québec, on parle de 6 régions économiques sur 12, soit : Bas St-Laurent et Côte-Nord, Centre du Québec, Chicoutimi-Jonquière, Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine, Nord-Ouest du Québec et Trois-Rivières.
juin 2010
À propos des blocages démocratiques
par Pierre Céré
Porte-parole du CNC
Personne ne peut sérieusement prétendre que d’immenses efforts et actions de toutes sortes n’ont pas été consentis de façon à exercer une pression visant un meilleur régime d’Assurance-emploi et que les travailleurs qui perdent leur emploi soient mieux protégés. De manifestations en marche des chômeurs sur Ottawa, de coalition parlementaire et syndicale en campagne des Sans-Chemise, de campagne auprès des municipalités québécoises en interventions médiatiques et en représentations devant des commissions parlementaires, nous n’avons eu de cesse de chercher à nous rapprocher de nos objectifs.
Il y a des majorités sociales, des majorités politiques aussi, qui se sont exprimées en faveur des changements désirés. Nous pensons entre autres à la déclaration unanime, il y a un an, des Premiers ministres provinciaux réunis au Conseil de la fédération ou encore à la résolution adoptée en ce sens lors du Congrès de la Fédération canadienne des municipalités.
Pourquoi les choses ne bougent-elles pas plus? Qu’est-ce qui explique que nous n’ayons pas encore gagné cette bataille, pourtant juste, et soutenue par des majorités? L’explication se retrouve au gouvernement fédéral, chez les conservateurs, dans ce gouvernement qui multiplie les blocages démocratiques sur tous les fronts : le refus de rapatrier l’enfant-soldat, Omar Khadr, emprisonné à Guatánamo, malgré une décision de la Cour suprême; les coupures de subvention imposées à toute voix dissidente ou qui refuse de se faire le porte-voix des politiques de ce gouvernement conservateur; ses tentatives de disloquer le Registre des armes à feu malgré l’avis consensuel de la société québécoise; son refus de s’associer aux efforts qui doivent être consentis en matière environnementale. Les exemples sont si nombreux qu’en faire la liste prendrait des pages et des pages.
Ce gouvernement impose le bâillon, brime la liberté d’expression et le droit à l’information. Il refuse le débat démocratique. Ainsi, les fois que nous avons eu à faire des représentations devant des comités parlementaires à Ottawa, les députés conservateurs ont refusé de nous écouter; à une occasion, ils ont même tenté de nous enlever notre droit de parole. Il y a un bruit de bottes qui assourdit la parole conservatrice. Il faut faire reculer ce courant politique, rétrograde et malsain. Il devient, en ce sens, urgent que les forces d’opposition s’unissent avec une vision stratégique commune, se situant au-delà des intérêts de partis. Du côté social, nous sommes prêts à apporter toutes les contributions que nous pourrons.
Et sur ce front de l’assurance-emploi, nous ne connaîtrons aucun repos avant d’avoir obtenu les améliorations demandées, de façon démocratique, et en ayant impliqué tous les acteurs importants.
Février 2010
Les conservateurs au chômage
par Pierre Céré
Porte-parole du CNC
Sur l’assurance-emploi, comme sur toutes les autres questions, les conservateurs ne sont plus seulement nuisibles, ils représentent un véritable danger pour notre société. En matière d’environnement, ils sont à l’écoute des grands lobbys industriels et vont tout à fait à contresens des grandes préoccupations exprimées partout dans le monde. Emmurés dans leur acharnement idéologique de droite, ils font tomber des têtes dans les différentes administrations publiques, et nomment partout des gens à leur ressemblance.
C’est ce qui explique la crise qui secoue l’organisme Droits et Démocratie. Cette organisation mise sur pied par le Parlement canadien à la fin des années 1980, est une vitrine de notre pays dans le monde, en matière justement de défense des droits et d’avancement démocratique. Comme c’est le gouvernement qui nomme la plupart des membres de son Conseil d’administration, le gouvernement Harper, depuis 2006, n’a eu de cesse de nommer des gens qui viennent du lobby sioniste et de la droite évangéliste, avec le résultat que ces gens sont présentement à imposer leurs vues aux grandes orientations de cet organisme. La Fédération internationale des droits de l’homme étant – c’est bien connu – un nid de socialistes, ils ont voté de couper tous liens avec cet organisme international et de fermer le bureau de Droits et Démocratie à Genève. À l’interne de Droits et Démocratie, ils imposent aux employés quelque chose qui ressemble à leurs conceptions : suspension, harcèlement, répression, censure.
Les conservateurs nomment leurs partisans partout où ils le peuvent, des gens non pas reconnus pour leur expérience et leurs connaissances, mais pour leur affinité idéologique. Point.
Pour faciliter ce genre d’opérations, et toutes ces intrusions sur une série de questions sociales (durcir la loi à l’encontre des jeunes contrevenants par exemple), ils ont poussé l’odieux jusqu’à suspendre le Parlement (proroger le Parlement), évitant ainsi d’être confronté à des questions et à des débats que les partis de l’opposition n’hésiteraient pas à soulever. Ces gens craignent la démocratie. Il est tout de même surprenant que nous en soyons là au Canada.
En matière d’assurance-emploi, les conservateurs ont catégoriquement refusé d’élargir l’admissibilité au régime d’assurance-emploi, malgré la crise, et malgré – tous les chiffres officiels le confirment – que seulement la moitié des chômeurs y ont accès. Ils ont plutôt introduit, dans la loi, toutes sortes de considérations arbitraires, de nature administrative, à durée limitée, qui n’ont jamais répondu aux besoins véritables de la population. Pourtant, tous ont réclamé du changement : municipalités, gouvernement provinciaux, économistes, syndicats, l’opposition parlementaire pourtant majoritaire, etc.
Ce gouvernement est contre le monde, contre la société, et présente toutes les caractéristiques de l’intolérance. Il devient pressant de s’en débarrasser.
Novembre 2009
Il n’y a rien à attendre des conservateurs
par Pierre Céré
Porte
parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses
Alors que depuis le printemps dernier d’énormes pressions se sont exercées sur le gouvernement fédéral afin de régler la question de l’admissibilité à l’assurance-emploi, ce dernier a bel et bien décidé de fermer toutes les portes à une telle éventualité.
Ces pressions, ce sont les gouvernements provinciaux qui, unanimement, réclamaient en plein mois de juillet, du gouvernement fédéral, d’assouplir les règles d’admissibilité au régime d’assurance-emploi, règles qui excluent actuellement la moitié des chômeurs. Ces pressions, ce sont des économistes, des instituts de toutes sortes, combien d’organismes, d’organisations syndicales et sociales, l’Église. Combien d’observateurs des questions politiques, commentateurs, éditorialistes? C’est une majorité parlementaire (Parti libéral du Canada, NPD et BLOC québécois) ralliée au principe d’un critère unique d’admissibilité à 360 heures.
Mais ce gouvernement demeure insensible, fermée, haineux presque, à toute forme d’assouplissement des normes d’admissibilité. Pourquoi? Parce que ce serait une mesure
« désincitative » à l’emploi.
Qu’est-ce que ça veut dire une mesure « désincitative » à l’emploi? Exprimé clairement, ça veut dire qu’accorder des prestations d’assurance-emploi aux chômeurs les démotivera à se trouver un emploi. C’est ce que les gens qui sont au pouvoir à Ottawa pensent, et ils le pensent sincèrement, comme leurs prédécesseurs (Bennett dans les années 30) pensaient sincèrement que les camps de travail étaient la solution au chômage.
Les conservateurs oublient une vérité : les chômeurs sont avant tout des travailleurs. Des travailleurs qui veulent recommencer à travailler, des travailleurs dignes, des citoyens honnêtes qui savent, comme nous savons tous, qu’on ne construit pas sa vie avec un chèque de chômage, mais qu’entre deux emplois, c’est-à-dire en situation de chômage, ça peut aider pas mal pour traverser une telle période.
Les conservateurs, comme tout ce courant de droite, préfèrent laisser les gens sans rien, sans soutien, sans protection comme celle prévue par l’assurance-emploi. De cette façon, les gens iront occuper n’importe quel job au salaire minimum ou seront disposés à s’éloigner de leur lieu de vie, changer de province s’il le faut, pour travailler.
Ceux qui nous gouvernent à Ottawa ont une vision très méprisante de leur population, une conception très punitive de ce que doit être un régime de protection sociale comme l’assurance-emploi. Ce sont eux, les mêmes, qui organisent sciemment les prochains déficits de la caisse d’assurance-emploi. En effet, selon l’actuaire en chef du Ministère, il faudrait que le taux de cotisation soit relevé à 2,43$ pour couvrir les dépenses prévues en 2010, alors que ce taux est gelé depuis 2008 à 1,73$ et qu’il le sera encore l’année prochaine.
Ce sont les mêmes qui vont bientôt nous servir leurs discours faussement offusqués sur le déficit de la caisse et qui pleureront à chaudes larmes sur l’obligation du gouvernement de couvrir ce déficit, alors que nous saurons, nous, qu’il ne s’agira que d’un prêt et que la caisse d’assurance-emploi devra rembourser le gouvernement, avec intérêt.
Pour notre part, nous poursuivons ce combat, engagé il y a plusieurs années, et nous le soutenons avec la même détermination qu’au tout début : ce régime doit être réparé, amélioré, assoupli, simplifié. Modernisé quoi, de façon à répondre aux besoins de la population. Les questions d’admissibilité sont au cœur de notre action.
Et nous maintiendrons la pression sur le gouvernement fédéral, et nous continuerons à élargir les réseaux de nos alliances, toujours dans un esprit non partisan, afin d’exprimer ce que nous définissons comme étant une majorité sociale et une majorité politique. Ne manquera que la volonté politique au pouvoir pour faire le changement.
Novembre 2009
L’Incisif, de régional à national
par Ian Forand
En octobre 1999, le Comité chômage sud-ouest de Montréal imprimait le premier Incisif. En 2001 le Comité changeait de nom pour celui de Comité Chômage de Montréal qui reflétait mieux la réalité de son territoire d’intervention passé de la réalité du sud-ouest de Montréal à celle de la région de Montréal. L’Incisif devenait à ce moment un journal traitant de la réalité du sud-ouest de Montréal à un journal dont la mission devenait plus importante en interpellant l’ensemble de la région montréalaise. Cette fois-ci, 10 ans après ses débuts, l’Incisif se transforme en un journal national et devient le journal de communication du Conseil national des chômeurs et chômeuses.
Cette transformation permettra une meilleure visibilité en plus d’améliorer son contenu par les réalités locales des différentes régions occupées par les groupes membres du CNC. Toujours tenu par la rigueur de nos analyses, nous continuerons à vous tenir informé sur les modifications à la loi de l’assurance-emploi, sur les avancements de la lutte pour son amélioration. C’est donc avec enthousiasme que nous vous offrons cette première version de l’Incisif du Conseil national des chômeurs et chômeuses.
Octobre 2009
Dîner-causerie du CCM
Merci de votre soutien précieux!!!
Le vendredi le 23 octobre 2009 avait lieu le dîner bénéfice annuel du Comité Chômage de Montréal. Ce dîner à permis au CCM d’amasser plus de 5 000$ pour le fonctionnement de l’organisme. Avec un budget d’à peine 90 000$, cette entrée d’argent est plus que nécessaire pour mener à bien notre mission. Pour cette raison, nous remercions tous ceux et celles qui se sont procurés des billets ainsi que ceux qui se sont impliqués de près ou de loin à la réalisation de cet événement.
De toute l’équipe CCM, nous vous remercions sincèrement!
Jack Layton nous dit que « le choix pour le NPD est clair ». C’est vrai. En effet, face au projet de loi gouvernemental sur la prolongation des semaines de prestations, le NPD doit choisir entre se tenir debout ou avaler tout rond le mauvais plat de lentilles servi par les conservateurs. C’est bien de cela qu’il s’agit.
Le projet de loi C-50 présenté par le gouvernement conservateur le 14 septembre dernier est vicieux et il y a beaucoup d’escroquerie derrière cette prétention de prolonger les semaines de prestations. Les chiffres avancés par le gouvernement sont douteux (1 milliard de dollars et 190 000 chômeurs qui seraient touchés par la mesure) et il est bien malheureux de voir les porte-parole du NPD se rendre sur toutes les tribunes pour les défendre, non seulement sans recul critique, mais souvent en lieu et place des ministres du gouvernement, et s’appropriant même l’initiative (« j’ai demandé à Stephen Harper d’aider les chômeurs »).
Aider les chômeurs ?
Déjà depuis une vingtaine d’années, les gouvernements qui se succèdent au fédéral s’évertuent à faire de l’assurance-emploi un monstre à mille têtes, c’est-à-dire une loi complexe farcie d’exceptions et de mesures administratives à durée limitée. Les conservateurs, avec le projet de loi C-50, ont décidé d’en rajouter. Par exemple, ce projet de loi prendra fin le 11 septembre 2010 mais surtout il remplace un paragraphe de la loi [l’article 12(2)] qui fait quelques lignes par plus de trois pages d’exceptions de toutes sortes.
Le paragraphe de la loi 12(2) devient 12(2.1), 12(2.2), 12(2.3) et 12(2.4), faisant la différence entre le moment où la demande de chômage est déposée (4 périodes différentes) et établissant jusqu’à 6 types de prolongation possible selon le nombre d’années cotisées. Ainsi, le « 20 semaines de prolongation » ne serait octroyé qu’à ceux qui auront déposé leur demande de prestations avant le 5 juin 2010 et qui auront versé « au moins 30% de la cotisation ouvrière maximale pour un an pendant au moins douze des quinze années précédant le début de sa période de prestations ». Tous les autres recevront moins, et plus souvent qu’autrement, seulement cinq (5) semaines.
Surtout, sont exclus de la mesure tous les travailleurs qui auront reçu plus de 35 semaines de prestations au cours des 5 dernières années, c’est-à-dire tous les travailleurs saisonniers, tous les travailleurs précaires (temps partiel, occasionnel, tous ceux qui auront été victimes de ralentissements économiques et qui auront été mis au chômage ne serait-ce que pour une courte période de temps. Sont exclus aussi tous ceux par manque d’ancienneté sur le marché du travail, les plus jeunes par exemple.
Et on se retrouve avec une situation où certains se verront accorder quelques semaines de prestations supplémentaires alors que d’autres n’y auront pas droit, même s’ils sont du même lieu de travail, de la même usine, qu’ils habitent la même localité, sinon le même quartier.
Ce que nous comprenons.
Nous comprenons que ce projet de loi divise les gens entre « bons » chômeurs et « mauvais » chômeurs, alors que les réalités du chômage, plus souvent qu’autrement, s’imposent aux gens en-dehors de leur propre volonté. Nous comprenons aussi qu’aider les chômeurs en prolongeant la période de prestations aurait pu non seulement s’adresser à tous les prestataires mais éviter la voie législative. Nous comprenons donc que les conservateurs ne s’amusent qu’à imposer un petit jeu politique avec les partis de l’opposition et que cela se fait au détriment du monde. Nous comprenons aussi que les travailleurs plus âgés méritent mieux que ces quelques semaines de prestations supplémentaires discriminatoires mais un véritable Programme d’aide aux travailleurs âgés (PATA) que le gouvernement conservateur se refuse à rétablir.
Nous comprenons trop bien aussi que les chiffres avancés par les ministres Finley et Blackburn ne tiennent pas la route, ne serait-ce que parce que le milliard de dollars annoncé repose sur un calcul de la moyenne de prestations (348$) visant 190 000 chômeurs qui bénéficieraient presque du maximum de 20 semaines de prolongation, alors que le projet de loi est arrangé de façon à verser beaucoup moins que les 20 semaines promises. Sans compter que les exclus sont tellement nombreux qu’il est douteux qu’il puisse rejoindre 190000 chômeurs.
Le NPD nous a habitué à mieux.
Ne pas vouloir d’élections est une chose. Prétendre que le projet de loi C-50 va « aider les chômeurs en leur versant un milliard de dollars », qu’il s’agit de « voter en faveur de l’amélioration du régime d’assurance-emploi », qu’il s’agit d’un « choix responsable que d’appuyer une politique qui aidera des dizaines de milliers de Canadiens au chômage » en est une autre. Ceux qui connaissent la loi de l’assurance-emploi et son application, ceux qui ont combattu avec toute l’intégrité et la fougue que nous leur connaissons, et ils sont nombreux au NPD, savent que ce projet de loi est misérable et honteux pour notre population. Le NPD doit se ressaisir et faire le bon choix.
Mai 2009
Le CNC de vient de produire un documentaire sur l'assurance-emploi et la lutte qui entoure son amélioration.
Réalisé par Ian Forand et monté par Félix Étienne Tétrault, ce film relate les combats menés depuis tant d’années, et souvent avec si peu de moyens, pour l’amélioration du régime d’assurance-emploi, de façon à mieux protéger les travailleurs qui perdent leur emploi.
C’est aussi l’histoire, d’une certaine façon, des militants du Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC), et de tous ceux qui sont à leur côté, solidaires de cette cause sociale.
C’est finalement l’expression assumée « qu’à force de conviction », on peut déplacer les montagnes.
Durée: 40 minutes
Prix: 20$
Pour le commander contactez-nous:
Tel: 514-933-3553
Courriel: cnc@lecnc.com
Mars 2009
«On s'attend au pire»
Sortir de la crise ensemble!