Pour recevoir du chômage

Pour être éligible à l'assurance-emploi plusieurs conditions doivent être réunies : subir un arrêt de travail et de rémunération, avoir eu un emploi assurable, avoir accumulé assez d'heures assurables et avoir formulé une demande.

Un arrêt de travail

Il faut qu'il y ait un arrêt de travail et de rémunération de sept jours consécutifs chez le même employeur au cours des 52 dernières semaines. Cet arrêt de travail sera accepté par la Commission même si vous maintenez un autre emploi ailleurs (ex. : vous occupiez 2 emplois dont l'un des deux s'est terminé). Un arrêt de travail peut être provoqué par une mise à pied, une fin de contrat, un congédiement, un départ volontaire, une maladie ou une retraite.

ATTENTION : passer de temps plein à temps partiel chez le même employeur n'est pas un arrêt de travail ! D'autre part, les avantages consentis par un employeur et qui se poursuivent après la mise à pied (ex. : automobile ou logement fourni) empêchent l'arrêt de rémunération. Le travail sans rémunération peut aussi empêcher l'arrêt de travail.

Un emploi assurable

Il faut avoir occuper un emploi assurable. Règle générale, une personne qui paye des cotisations d'assurance-chômage, qui est sous la supervision d'un employeur ou d'un contremaître et ne détermine pas elle-même ses heures de travail ni son salaire, a un emploi assurable. Si un doute persiste quant à l'assurabilité de votre emploi, vous pouvez communiquer avec un groupe de chômeurs, dont la liste apparaît à la fin du Petit Guide. Pour les gens qui mettent sur pied leur propre entreprise, il est possible de faire de ce nouveau travail un emploi assurable sous certaines conditions juridiques et administratives.

Si vous pensez que votre emploi est assurable mais que l'Agence des douanes et du revenu du Canada (Revenu Canada) affirme le contraire, contactez-nous. Vous avez 90 jours pour contester cette décision. Les démarches auprès de ce ministère, seul habilité à déterminer l'assurabilité d'un emploi, peuvent durer plusieurs mois.

Si vous obtenez un contrat et que votre employeur ne prélève pas de cotisations d'assurance-emploi, il est possible de lui demander d'effectuer ce prélèvement. Vous pourrez aussi obtenir auprès de l'Agence des douanes et du revenu du Canada l'assujettissement de votre salaire aux cotisations sociales. Cela vous permettra ainsi d'accumuler des heures assurables.

Cas particulier: les permis de travail

Pour les personnes immigrantes en attente de statut, le travail effectué sans permis de travail peut être considéré assurable tant qu'il n'existe aucun empêchement légal à l'émission d'un permis et que la personne prouve sa bonne foi. Une décision négative pourra être portée en appel devant l'Agence des douanes et du revenu du Canada ou devant la Cour canadienne de l'impôt.

Cependant, si votre permis de travail est échu alors que vous êtes sur une période de prestations (ou en attente du début d’une période de prestations), RHDS pourrait cesser le versement de vos prestations considérant que n'ayant plus de permis vous n'êtes plus disponible à l'emploi. Attention, une telle suspension de vos prestations est un geste carrément abusif. En effet, dans la plupart des cas, une fois un emploi retrouvé, votre permis de travail vous est automatiquement renouvelé. Cette absence momentanée de permis est donc un problème d'ordre purement administratif qui ne vient en rien annuler votre disponibilité à l'emploi ou votre droit aux prestations. Dans tous les cas, le renouvellement du permis de travail est la solution la plus simple afin d'éviter des problèmes.

Nombre suffisant d’heures assurables

Il faut un nombre suffisant d'heures assurables dans la période de référence (voir définition à la p. 33) pour être éligible aux prestations. Toutes les heures travaillées, de tous les emplois assurables, sont comptabilisées aux fins de l'éligibilité.

Il y a 2 groupes de prestataires auxquels sont rattachés un critère d'admissibilité (nombre d'heures) différent : le prestataire ordinaire et le nouvel arrivant (cette question est explicitée aux pages 34 et 35). Afin de déterminer le nombre d'heures requis pour être éligible aux prestations d'assurance-emploi, plusieurs données sont prises en compte :

  • le nombre d'heures de travail assurable que vous avez accumulées pendant votre période de référence;
  • le taux régional de chômage;
  • votre situation dans la population active dans l’année qui précède votre période de référence. Ainsi, selon que vous ayez ou non 490 heures sur le marché du travail dans cette période, cela déterminera à quelle catégorie de prestataire vous appartenez et, donc, déterminera le nombre d’heures de travail requis pour votre éligibilité. Les semaines payées en assurance-chômage ou en CSST, par exemple, sont normalisées à 35 heures.

Pour faire partie de la population active, il faut :

  • avoir travaillé;
  • avoir été sur le chômage (payé ou payable);
  • avoir été en grève ou en lock-out;
  • avoir reçu des allocations de la CSST;
  • avoir suivi un cours de formation dirigé ou perçu des prestations d'emploi;
  • avoir reçu une indemnité d’assurance-salaire.

Le prestataire ordinaire se qualifie en fonction d'une norme variable d'admissibilité (entre 420 et 700 heures de travail) déterminée selon le taux de chômage de sa région. Le nouvel arrivant, pour sa part, doit avoir accumulé 910 heures dans sa période de référence, sauf dans les régions désignées par les projets pilote où ce chiffre baisse à 840 heures.

Exemple

Robert, qui n'est pas un nouvel arrivant, vit dans une région où le taux de chômage est de 7,5 %, et il travaille à temps partiel pour deux employeurs. Pour l'un, il travaille 20 heures/ semaine; pour l'autre, il travaille 10 heures/semaine. Robert effectue ces deux emplois durant 20 semaines seulement et accumule 600 heures de travail. Il n'a donc pas suffisamment d'heures de travail assurable puisque le minimum requis dans son cas est de 630 heures (voir le tableau, p. 36).

Vacances et heures assurables Les semaines de vacances payées avant la fin d'un emploi constituent des heures d'emploi assurable. Par contre, les payes de vacances (le 4 %) versées à la fin d'un emploi, c'est-à-dire avec la dernière paye régulière, ne peuvent être traduites en heures de travail assurable. Par contre, ces sommes viendront augmenter votre revenu assurable pour le calcul du taux de prestations.

Exemples

Marcel travaille depuis 4 ans pour le même employeur. Chaque année il est en vacances pendant les 2 dernières semaines du mois de juillet. Au 1er septembre, lorsqu'il est mis à pied, ses semaines de vacances constituent des heures assurables.

Pour sa part, Jacques travaille depuis six mois. Il n'a pas encore pris de vacances. Au moment de sa mise à pied, son employeur lui donne 500 $ de paye de vacances. Ces 500 $ ne se transforment pas en heures assurables supplémentaires.

La période de référence

La période de référence est constituée des 52 semaines qui précèdent la date de votre demande de chômage ou les semaines écoulées depuis le dépôt de votre dernière demande initiale (le plus court délai entre les deux). C'est dans cette période de référence qu'on accumule les heures de travail pour se qualifier aux prestations de chômage.

Les heures de travail n'ont pas à être consécutives, ni effectuées pour un même employeur. Ainsi, 700 heures de travail effectuées pour 10 employeurs différents au cours de la dernière année sont équivalentes à 700 heures travaillées chez un seul et même employeur pour la même période.

Prolongation de la période de référence

Il est parfois possible d'obtenir une prolongation de sa période de référence lorsqu'une personne peut prouver qu'elle n'a pas exercé un emploi assurable, pendant sa période de référence, pour l'une des raisons suivantes :

  • maladie, mise en quarantaine ou grossesse;

  • retrait préventif;

  • période d'incarcération;

  • cours de formation ou autres programmes reconnus par RHDS (ex. : les cours dirigés par le CLE - Centre local d'emploi).

La période de référence sera donc prolongée d'autant de semaines que le temps où vous vous retrouviez dans l'une de ces situations. La période de référence peut être prolongée jusqu'à un maximum de 104 semaines (les 52 semaines de la période de référence + un autre 52 semaines).

Exemple

Dans l'année qui précède sa demande de chômage, Catherine a été absente de son travail suite à une maladie professionnelle, compensée par la CSST, pendant 26 semaines. Elle a repris son travail pour ensuite être mise à pied. Sa période de référence sera donc prolongée de 26 semaines.

 

Deux groupes de prestataires

1er groupe (prestataire nouvel arrivant)

Année précédant la période de référence Période de référence
489 heures ou moins dans la population active  910 heures de travail assurables exigées

 

EXCEPTION : 840 heures pour les régions désignées

Un « projet pilote » mis en vigueur le 11 décembre 2005 pour une période de 3 ans, soit jusqu'en 6 décembre 2008, fait en sorte que le critère d'admissibilité pour les nouveaux arrivants des régions désignées est rabaissé à 840 heures. Les régions touchées par ce « projet pilote » sont :

  • Bas Saint-Laurent et Côte-Nord
  • Centre du Québec
  • Chicoutimi-Jonquière
  • Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine
  • Nord-Ouest du Québec
  • Trois-Rivières

Pour les autres régions, non touchées par les « projets pilote », le critère de 910 pour les « nouveaux arrivants » s'impose.

Exemple

Charles termine de travailler le 16 novembre 2007 et dépose sa demande le 19 novembre 2007. Sa période de référence est donc du 19 novembre 2006 au 17 novembre 2007. Durant cette période, il a accumulé 655 heures de travail assurable.

Pendant l'année qui précède sa période de référence (20 novembre 2005 au 18 novembre 2006), Charles était à l'Université et n'a pas travaillé. Il n'est donc pas considéré membre de la population active. Résultat, il n'est pas éligible à l'assurance-chômage. Il aurait fallu qu'il accumule 910 heures de travail durant sa période de référence.

20 novembre 2005 début de l’année qui précède la période de référence
 

Charles est aux études donc hors de la population active

19 novembre 2006 début de la période de référence
 

33 semaines d’aide sociale et 655 heures de travail

19 novembre 2007 demande de chômage. La Commission vérifie si Charles a été membre de la population active dans l'année précédant sa période de référence (du 20 novembre 2005 au
18 novembre 2006)

Dans notre exemple, Charles fait partie de la catégorie des « nouveaux arrivants », et à ce titre ne se qualifie pas, n'ayant pas accumulé les 910 heures requises (840 dans les régions désignées).

 

2e groupe (prestataire ordinaire)

Année précédant la période de référence

Période de référence

490 heures sur le marché du travail et plus 420 à 700 heures de travail assurable (selon le taux de chômage de votre région)

Le taux de chômage de votre région (région administrative arbitrairement découpée par le Ministère) est l'un des éléments qui détermine si vous avez droit aux prestations et pour combien de temps. La Commission prend en compte le taux de chômage de votre région, soit le taux en vigueur le mois où vous déposez votre demande. Plus ce taux est bas, plus il faudra avoir accumulé des heures de travail. Plus il est élevé, moins il en faudra (voir le tableau à la page suivante).

Pour connaître le taux de chômage de votre région cliquer ici

 

Éligilité aux prestations
Taux régional de chômage Nombres d'heures requis
0% à 6% 700
6,1 à 7% 665
7,1 à 8% 630
8,1 à 9% 595
9,1 à 10% 560
10,1 à 11% 525
11,1 à 12% 490
12,1 à 13% 455
plus de 13% 420

Remplir une demande

Pour avoir droit au chômage vous devez compléter une demande à votre bureau de chômage local (aujourd'hui appelé Centre de ressources humaines du Canada ou CRHC ou Services Canada, c'est selon…). La demande se fera sur place sur ordinateur, ou si vous le demandez, sur un formulaire papier. Il est aussi possible de présenter sa demande via Internet à l'adresse suivante :

http://www100.hrdc-drhc.gc.ca/ae-ei/dem-app/french/home2.html

Pour pouvoir déposer une demande de chômage, il est préférable d'avoir son relevé d'emploi (le papier de cessation d'emploi). Votre employeur a

5 jours ouvrables, suivant la fin de votre emploi, pour vous le remettre. S'il ne le fait pas, vous pouvez déposer une plainte auprès du CRHC. Si ce retard s'éternise, présentez vos talons de chèques au bureau de chômage. De cette façon, la Commission pourra faire un calcul provisoire, en établissant ce qu'elle appelle un « relevé provisoire ».

Dans l'ordre des choses, la Commission accorde normalement 4 semaines après la fin d'un emploi pour présenter sa demande de chômage. À l'intérieur de ce délai, la « rétroactivité » est accordée. Après cela, il vous faudra justifier chaque jour de retard pour que votre demande de chômage débute au moment de la fin d'emploi. C'est pourquoi, avec ou sans relevé d'emploi, nous vous conseillons de déposer une demande dès la fin de votre emploi.

Le relevé d'emploi permet au CRHC de déterminer votre admissibilité, votre taux de prestations ainsi que la durée de vos prestations. Selon la raison inscrite sur votre relevé d'emploi concernant la fin de votre travail, le CRHC peut vous exclure du bénéfice des prestations. C'est pourquoi il est très important de bien vérifier les données sur votre relevé et d'indiquer les erreurs que vous avez décelées. Il est préférable de conserver une photocopie du relevé d'emploi et de tous les documents que vous remettez à la Commission. En cas de perte des originaux, cela vous évitera bien des problèmes.

Si vous avez déposé votre demande de chômage par internet, faites parvenir vos papiers (relevé d'emploi, certificat médical, etc.) par la poste à votre bureau de chômage

 

Demande initiale et demande renouvelée

Une demande initiale est une nouvelle demande de chômage qui établit votre taux de prestations et la durée de la période payable. Au début d'une demande initiale, il y a deux semaines non payables appelées « délai de carence ». Le délai de carence ne s'applique qu'une seule fois sur une période de prestations, soit au début d'une demande initiale.

Une demande renouvelée est une demande qui réactive une période de prestations établie antérieurement et qui avait été interrompue (voyage, travail à temps plein, etc.).

Il est important de compléter à chaque 2 semaines ses déclarations de prestataire (par voie téléphonique, avec le système Télédec, ou par internet). En effet, un retard de trois semaines et plus aura pour effet d'interrompre votre demande. Si vous déclarez un retour au travail à temps plein, il ne sera plus nécessaire de continuer à remplir ces déclarations. À la fin de l'emploi, dans le cadre d'une demande renouvelée, vous n'aurez qu'à réactiver votre demande en vous présentant à votre bureau de chômage ou en appelant le service téléphonique de l'assurance-chômage.

Il est intéressant de savoir que les heures de travail assurable effectuées après le dépôt de votre demande initiale peuvent vous permettre d'être éligible pour une période de prestations ultérieure.

Exemple

Julie débute sa période de prestations le 4 novembre 2007 (la demande débute toujours un dimanche) et se qualifie pour 36 semaines de prestations. Cette période de prestations a une durée de vie d'un an, soit jusqu'au 1er novembre 2008. Du 10 mars 2008 au 25 juillet 2008, elle travaille 700 heures. Le 30 juillet 2008, elle dépose une demande renouvelée. Elle est payable immédiatement et poursuit donc sa première demande de chômage qui se termine le 1er novembre 2008. Le 3 novembre 2008, elle peut déposer une demande initiale, puisqu'elle dispose dans sa période de référence de 700 nouvelles heures de travail assurable.

4 novembre 2007 dépôt d'une demande initiale
 

2 semaines de délai de carence

17 novembre 2007 fin du délai de carence
  16 semaines de prestations
10 mars 2008 début d'un emploi
  700 heures de travail assurable (20 semaines)
25 juillet 2008

fin de son travail

30 juillet 2008 dépôt d’une demande renouvelée
  14 semaines de prestations
1er novembre 2008 fin de sa première période de prestations (52 semaines après le début de sa demande initiale)
3 novembre 2008 dépôt d'une nouvelle demande initiale grâce aux heures de travail accumulées durant la période de référence
  nouvelle période de prestations

 

Veuillez prendre note que Julie, au 30 juillet 2008, aurait aussi eu l'option (au lieu de renouveler sa demande) de mettre fin à sa première demande et en déposer une nouvelle avec ses 700 heures de travail (voir la section La différence entre annuler une demande et y mettre fin, p. 65). Cela peut être intéressant si, par exemple, le taux de prestations est avantageux et que Julie sait qu'elle recommencera à travailler bientôt.

Cas particulier: équivalence des heures de travail

Attention : Il est possible que les heures de travail formel ne coïncident pas avec le nombre exact d'heures travaillées reconnues officiellement par votre employeur. Dans le milieu de l'enseignement, prenons par exemple les chargé-e-s de cours, les heures de préparation et de correction doivent être inclues dans le nombre total d'heures inscrites au Relevé d'emploi (case 15a). Des ententes employeurs/employés établissent une équivalence pour chaque heure d'enseignement. Par exemple, une heure de cours pourra signifier 2.5 heures de travail, incluant le temps de préparation et de correction.

C'est le nombre total de ces heures qui doit être inscrit au Relevé d'emploi. Dans la mesure où de telles ententes sont négociées entre le syndicat et l'employeur, vous devez vous informer auprès de votre syndicat afin de vérifier l'exactitude du nombre d'heures assurables que donne votre emploi.

En cas de désaccord avec votre employeur sur le nombre d'heures assurables, vous pouvez soumettre la question à Revenu Canada (voir Un emploi assurable, p. 29).

L'exception pour les nouveaux parents

Dans le cas des parents qui reviennent sur le marché du travail après plusieurs années d'absence, suite à la naissance ou l'adoption d'un enfant, et qui auront reçu une ou plusieurs semaines de prestations maternité ou parentales dans les 4 ans qui précèdent l'année précédant la période de référence, la norme du 910 heures ne s'applique pas : ils seront considérés comme prestataires ordinaires.

En d'autres mots, un parent qui se retrouve dans cette situation sera automatiquement considéré comme faisant partie de la population active et pourra se qualifier comme prestataire ordinaire. Son éligibilité sera donc déterminée selon la norme variable d'admissibilité (entre 420 et 700 heures, selon le taux de chômage de sa région).