À combien ai-je droit ?
Le taux de prestations auquel vous avez droit est égal à 55
% du salaire hebdomadaire brut moyen reçu durant la période
de base (référez-vous au chapitre Pour recevoir du
chômage, afin de savoir ce qu'est la rémunération
assurable). Il se peut que vous ayez droit au supplément familial
si, ayant une personne
à votre charge, votre revenu familial annuel est inférieur
à 25 921 $.
Tous les calculs effectués par le CRHC se font sur la base des
montants bruts. Le calcul du taux de prestations s'effectue sur la base
des revenus de travail assurable compris à l'intérieur
de la période
de base. Comme on va le voir un peu plus loin, l'instauration de cette
période,
jumelée au facteur « dénominateur », aura pour
effet, selon les situations, de pénaliser lourdement ceux et celles
dont les périodes de travail sont discontinues. Le calcul du taux
de prestations est différent pour les régions
désignées par les projets pilote (voir l'explication ci-dessous).
EXCEPTION : un autre calcul pour les régions désignées
par le « projets pilote » Pour les régions
québécoises suivantes :
- Bas Saint-Laurent et Côte-Nord
- Centre du Québec
- Chicoutimi-Jonquière
- Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine
-
Nord-Ouest du Québec
- Trois-Rivières
Le taux de prestations se calcule différemment. En effet, il
n'y a plus de période de base ni dénominateur. Le calcul
s'effectue sur la moyenne des meilleures 14 semaines de travail de
la dernière
année (période de référence), et la Commission
accorde 55 % de cette moyenne. Tous les calculs sont faits à partir
des montants bruts (avant impôt).
Ce « projet pilote » est en vigueur jusqu'au 25 octobre 2008.
Maximum assurable et taux de prestations
Le maximum assurable est le plafond salarial pris en
considération pour le calcul des prestations de chômage.
Au-delà de ce seuil, on ne paye plus de cotisations à l'assurance-chômage.
Depuis le 1er janvier 2007, le maximum assurable annuel est de 40 000
$, soit une moyenne de 769 $ par semaine. Le maximum du taux de prestations
est donc fixé à 423 $ par semaine, soit 55 % de 769 $.
Avant la réforme de 1996, le maximum assurable était indexé annuellement.
Ainsi, en 1995 il était fixé à 42 380 $, soit une
moyenne salariale hebdomadaire de 815 $. La réforme l’a
baissé à 39 000 $ et l’a bloqué à ce
montant pendant plus de 10 ans.
La période de base
La période de base s'applique à tous,
sauf aux régions désignées, tel qu'explicité plus
haut. C'est la période qui, à l'intérieur de votre
période de référence, correspond à un maximum
de 26 semaines consécutives précédant votre arrêt
de rémunération (concrètement, cela réfère
généralement à la fin d'emploi).
Exemple
Je perds définitivement mon emploi le vendredi
30 novembre 2007. Ma période de base débute donc à la
date de mon arrêt de rémunération, le 30 novembre
2007, et recule de 26 semaines, soit jusqu'au 3 juin 2007.
Prolongation de la période de base
Il est prévu que certaines semaines spécifiques
permettront de prolonger la période de base, en autant qu'aucune
rémunération assurable n'ait été reçue
au cours de la même semaine :
- les semaines pour lesquelles sont reçues des prestations d'assurance-chômage
ainsi que le délai de carence et les semaines d'exclusion liées
à une inconduite, à un départ volontaire et à un
refus d'emploi;
- les «3 semaines maximum» pendant lesquelles sont répartis
les gains obtenus à l'intérieur du délai de carence
ainsi que les semaines de répartition de gains;
- les semaines pour lesquelles une personne reçoit une indemnité pour
accident du travail ou maladie professionnelle;
- les semaines pour lesquelles une personne reçoit des prestations
d'assurance-salaire pour maladie, maternité ou responsabilité parentale;
- les semaines de retrait préventif;
- les semaines d'un cours de formation autorisé par la
Commission et les prestations d'emploi;
- les semaines de grève ou de lock-out.
Le dénominateur
Le dénominateur est un chiffre imposé arbitrairement
et qui sera éventuellement utilisé pour calculer votre
moyenne salariale, à partir de laquelle on établira le
taux de prestations. Le dénominateur correspond à l'équivalant
en semaines du nombre minimum d'heures nécessaires pour se qualifier
dans votre région, et auquel on ajoute le chiffre 2. À chaque
région, est donc rattachée un dénominateur correspondant à son
taux de chômage.
Exemple
À Montréal, avec un taux de chômage
situé entre 7 % et 8 %, le nombre minimum d'heures requis pour
se qualifier est de 630 (ou l'équivalent de 18 semaines à 35
heures); le d énominateur
est donc 20 (18 + 2).
Calcul du dénominateur |
Taux régional de chômage |
NVA* |
Dénominateur |
| 0% à 6% |
20 |
22 |
| 6,1 à 7% |
19 |
21 |
| 7,1 à 8% |
18 |
20 |
| 8,1 à 9% |
17 |
19 |
| 9,1 à 10% |
16 |
18 |
| 10,1 à 11% |
15 |
17 |
| 11,1 à 12% |
14 |
16 |
| 12,1 à 13% |
13 |
15 |
| plus de 13% |
12 |
14 |
| *heures assurables requises traduites en
nombre de semaines de 35 heures |
Calcul du taux de prestations
Premièrement, la Commission va délimiter
la période de base, c'est-à-dire les 26 semaines qui précèdent
votre arrêt de travail. Ensuite, elle fera le total des salaires
assurables (montant brut). Enfin, elle établira la moyenne en
divisant ce total par le chiffre le plus élevé entre :
- soit le dénominateur (voir le tableau à la page précédente);
- soit le nombre de semaines pour lesquelles le prestataire a reçu
une rémunération de travail assurable (peu importe le montant)
dans la période de base de 26 semaines.
De cette façon, la loi d'assurance-emploi a établi une
nouvelle façon de calculer la moyenne salariale et le taux de prestations
qui en résultera. L'objectif clair est de diminuer les montants qui
seront versés. Examinons les effets que peut avoir la période de base et le dénominateur
sur le taux de prestations.
Exemple
Jacqueline est travailleuse occasionnelle et vit dans une région
où le taux de chômage est de 9,2 %, donc où le
nombre minimum d'heures requises pour être éligible
correspond à 560 (l'équivalant de 16 semaines à 35
heures assurables). Le dénominateur dans cette région
est « 18 ». Elle a effectué dans son année
les 560 heures requises, ce qui équivaut dans son cas à
16 semaines de 35 heures. Son salaire est de 10 $ / l'heure. Elle
se qualifie donc au chômage. Cependant, du fait du caractère
occasionnel de son emploi, elle n'a, à l'intérieur
de sa période de base, que 280 heures de travail assurable étalées
sur 8 semaines. Son taux de prestations sera établi sur la
totalité des salaires assurables reçus à l'intérieur
de sa période de base divisée par le dénominateur.
Le tableau suivant établit le calcul qui sera imposé à Jacqueline.
Période
de référence = 52 semaines
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3 semaines d'emploi |
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2 semaines d'emploi |
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3 semaines d'emploi |
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2 semaines d'emploi |
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4
semaines d'emploi |
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2 semaines d'emploi |
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Période de base = 26 semaines
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Données de base
• Crit¸re d'admissibilitˇ (NVA) =
560 heures (16 semaines de 35 h)
• Dénominateur = 18
• Salaire = 10 $/h
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Calcul du taux de prestations
8 semaines x 35 hres x 10$/hre = 2800$
2800$ ÷ 18 = 156$
156$ x 55% = 86$
Taux de prestations = 86$ |
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Son taux hebdomadaire de prestations s'élève à la magnifique somme de 86 $. Si Jacqueline est éligible à l'aide sociale, elle pourra obtenir la différence entre son taux de prestations de chômage et ce qu'elle recevrait sur l'aide sociale (il est préférable de faire une demande d'aide sociale simultanément à sa demande de chômage). Si elle n'est pas éligible à l'aide sociale, du fait de maigres économies, d'études ou encore d'un conjoint qui travaille, elle aura bien des problèmes à boucler son budget !
Sous l'ancienne loi, son taux aurait été basé sur
la totalité de ses salaires:
16 x 350 $ ÷16 x 55 % = 193 $
Suivant l'exemple ci-dessus, sur les 20 semaines de prestations que Jacqueline pourra recevoir (c'est ce qu'on lui donne à cause du taux de chômage de sa région), ce « bon » gouvernement lui fera perdre 2140 $, soit 107 $/sem. x 20 semaines. Les travailleurs à statut précaire (contractuels, sur appel, à temps partiel, saisonniers, occasionnels) sont évidemment les principales cibles de ces « économies » gouvernementales. Constituant le plus important contingent des chômeurs, soit on leur bloque l'accès aux prestations, soit (s'ils y ont droit) on les évacue du Régime au plus vite après avoir réduit le montant hebdomadaire de leurs prestations.
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Conséquences de la période de base et
du dénominateur
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Taux de chômage: 9,2 %
Éligibilité aux prestations:
560 heures (équivalent
de 16 semaines à 35 heures)
Dénominateur: 18
Salaire hebdomadaire: 350 $
55 % de 350$ = 192,50$(arrondi à 193$) |
| Semaines de travail dans
la période de
base |
Prestations hebdomadaires
avant la réforme |
Prestations hebdomadaires actuelles |
| 8 semaines |
193 dollars |
86 dollars |
| 12 semaines |
193 dollars |
128 dollars |
| 16 semaines |
193 dollars |
171 dollars |
Pour que le dénominateur ne vienne pas altérer le calcul normal de la moyenne salariale, il faut avoir, à l'intérieur de la période de base, un nombre de semaines de travail au moins équivalent à ce fameux dénominateur. Dans le tableau ci-haut, il faudrait donc avoir au moins 18 semaines de travail dans la période de base.
Exemple
À la fin de son emploi, Carole a accumulé 770 heures
de travail. Dans sa région, elle peut se qualifier avec un
minimum de 595 heures. Sa demande de chômage est effective à compter
du dimanche 9 décembre 2007 et toutes ses heures sont inclues
dans sa période de base, soit du 10 juin 2007 au 8 décembre
2007. Le total de ses gains assurables durant sa période de
base s'élève à 10 780 $. À Trois-Rivières
où elle dépose sa demande, le taux de chômage étant
situé entre 8 % et 9 %, le dénominateur (NVA+2) est
de 19. Ayant accumulé ses heures de travail (770h) sur 22
semaines, le taux de ses prestations sera calculé de la façon
suivante : 10 780 ÷ 22 = 490 $. C'est son salaire hebdomadaire
moyen. Son taux de prestations sera égal à 55 % de
ce montant brut : 490 $ x 55 % = 269,50 $ (arrondi au dollar près,
cela fait 270 $).
Carole ayant un nombre de semaines travaillées (22) à l’intérieur
de la période de base supérieur au dénominateur
(19) alors c’est ce premier nombre qui sert de quotient pour établir
sa moyenne salariale et ensuite son taux de prestations. Dans cet exemple
précis, Carole échappe au couperet du dénominateur.
Les petites semaines
Ce que la Commission appelle les « petites semaines » sont
les semaines de travail dont la rémunération est inférieure à 225
$ brut. En principe, ces semaines peuvent être exclues du calcul
pour établir la moyenne salariale, servant à l'établissement
du taux de prestations. Dans les faits, plusieurs scénarios
sont possibles :
- S'il n'y a que des petites semaines dans la période de base, la
Commission ne les excluera pas. Le calcul du taux de prestations se fera
sur les «meilleures» petites semaines, jusqu'à concurrence
du dénominateur.
- À partir du moment que vous avez un nombre de semaines régulières
(soit 225 $ et plus par semaine) au moins équivalant au dénominateur,
la Commission exclura définitivement les petites semaines
dans le calcul du taux de prestations (les heures de travail de ces
petites
semaines demeurent par contre valides).
- Vous avez un nombre de semaines régulières inférieur
au dénominateur et les autres semaines de travail sont des « petites
semaines ». Dans un tel cas, la Commission partira du nombre de
semaines régulières et ajoutera les « meilleures » petites
semaines pour se rendre au dénominateur. Les autres petites
semaines seront exclues.
Exemples
Claire a travaillé 24 semaines dans sa période de
base, soit 20 semaines à 500 $ et 4 semaines à 175
$. Elle vit à Montréal où le dénominateur
est fixé à 20 le mois où elle dépose
sa demande. La Commission va donc retenir les 20 semaines pleines
et exclure les 4 petites semaines. Par contre, son amie Louise
a travaillé toutes les semaines
de la période de base, soit 26 semaines. Néanmoins,
elle n'a que 8 semaines à temps plein, soit 500 $ par semaine.
Les 18 autres semaines sont toutes des petites semaines mais avec
un salaire variable, soit 6 semaines à 175 $, 6 semaines à 130
$ et les 6 autres semaines à 100 $. Louise vit à Montréal
où le dénominateur est de 20. Le calcul de la Commission
se fera donc de la façon suivante : 8 semaines à 500
$, 6 semaines à 175 $ et 6 semaines à 130
$. On a donc retenu les 8 semaines à temps plein et pris
en compte les 12 « meilleures » petites semaines.
«Leçons» à retenir à propos du
calcul du taux de prestations
Si vous vivez dans une région désignée
par les « projets pilote » (Bas Saint- Laurent et Côte-Nord,
Centre du Québec, Chicoutimi-Jonquière, Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine,
Nord-Ouest du Québec, Trois-Rivières), le calcul de votre
taux de prestations repose sur la moyenne de vos 14 meilleures semaines
de la dernière année. Dans tous les autres cas, la période
de base et le dénominateur
s'appliquent et il faut retenir les conseils suivants :
- Il faut essayer de regrouper dans la période de base un nombre
de semaines au moins équivalent au dénominateur appliqué dans
votre région, sous peine de voir votre taux de prestations réduit.
- Il faut, si possible, concentrer le maximum de revenus de travail assurable
dans la période de base.
- En cas de périodes de travail discontinues
n'attendez pas un deuxième contrat, surtout si cette attente dure plusieurs
semaines, pour déposer votre demande. Si votre premier contrat, bien
sûr, vous permet de vous qualifier... Sinon, vous pourriez être
victime d'un autre effet du dénominateur.
- Retenez toujours que si la durée de votre période d'emploi
est équivalente au dénominateur ou lui est supérieure,
il y a de très
fortes chances pour que vous ayez intérêt à déposer
votre demande aussitôt cette période terminée.
- À la lumière
de ces informations, il vous faudra toujours examiner attentivement votre
situation en fonction de vos perspectives d'emploi et du calcul imposé par
la période de base et le dénominateur,
et cela pour évaluer précisément ce qui sera le plus
avantageux pour vous.
Si vous avez deux emplois...
À partir du moment où vous subissez un arrêt de travail dans l'un des emplois occupés, vous pouvez déposer une demande de prestations de chômage, même si l'autre emploi continue toujours. Dans le cas de l'emploi qui se poursuit, votre employeur doit vous fournir un relevé d'emploi à titre indicatif, ou tout autre document pertinent, c'est-à-dire informant des périodes de travail, heures travaillées et salaires gagnés.
En déposant deux relevés d'emploi pour une même demande d'assurancechômage, vous vous trouvez à améliorer votre taux de prestations (si ces deux emplois sont jumelés dans la période de base). De plus, le fait de présenter plus d'heures de travail assurable vous permettra de répondre plus rapidement aux critères d'éligibilité et vous assurera aussi d'une période de prestations plus longue, considérant que cette dernière est fixée en fonction du nombre d'heures travaillées et du taux de chômage de votre région (voir le chapitre « Pendant combien de temps… »).
Bien sûr, si l'emploi que vous occupez toujours (malgré l'arrêt de travail à
l'autre) est à temps plein, vous serez considéré comme n'étant pas en chômage, donc non payable.
Exemple
Stéphan a deux emplois, un de commis et l'autre de secrétaire.
Durant le mois septembre 2007, il a travaillé et gagné les
sommes brutes suivantes :
| Semaine du |
Secrétaire |
Commis |
Total des gains assurables |
| 3 sept. 2007 |
500$ |
500$ |
1000$* |
| 10 sept. 2007 |
0$ |
200$ |
200$ |
| 17 sept. 2007 |
90$ |
400$ |
490$ |
| 24 sept. 2007 |
200$ |
400$ |
600$ |
* Stéphan a gagné 1000 $ pour la première semaine
d'octobre, le CRHC prendra en considération ce dernier chiffre
pour faire le total des revenus gagnés dans la période
de base (la moyenne finale ne pourra jamais dépasser 769 $). Si,
durant une semaine, il a travaillé 17 heures comme commis et 25
heures comme secrétaire, le total de ses heures de travail assurable
sera donc, pour cette semaine, de 42 heures.
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