Qu'est-ce qu'une antidatation et comment l'obtenir?

Si vous n'avez pas fait votre demande de chômage au moment approprié (maximum 4 semaines après la fin de votre travail), vous pouvez demander une antidate qui vous permettra de récupérer chaque jour d'assurance-chômage qui s'est écoulé entre le moment où vous auriez dû faire votre demande et le moment où vous l'avez réellement faite.

ATTENTION : Lorsque vous recevez une prime de séparation, indemnité de départ, bonus ou autres rémunérations, déposez toujours votre demande de chômage au moment de l'arrêt de travail. N'attendez surtout pas que se soit écoulée votre prime de séparation, indemnité de départ ou bonus. Dans un tel cas, la Commission fera débuter votre demande seulement au moment du dépôt de celle-ci, ce qui aura des conséquences négatives sur votre droit au chômage (nombre d'heures de travail dans la période de référence, etc.).

Exemple

Rose finit de travailler au mois de mars. Elle se présente à son bureau de chômage avec 635 heures de travail assurable, mais son relevé d'emploi mentionne « départ volontaire ». Le fonctionnaire à la réception regarde ses papiers et lui dit qu'elle n'est pas éligible. Elle quitte donc le bureau sans présenter de demande. Au mois de juin, elle apprend par un membre du Comité Chômage qu'elle aurait dû présenter une demande de chômage puisqu'elle était bel et bien éligible. En effet, Rose a quitté son emploi parce qu'elle subissait du harcèlement de la part de son supérieur. Rose décide donc de se présenter au bureau de chômage.

 

Elle dépose sa demande, accompagnée d'une demande d'antidate afin que le début de sa période de prestations soit fixé au mois de mars et non au mois de juin et que les prestations lui soient versées rétroactivement. Il faut, pour ce faire, qu'elle invoque la mauvaise information du fonctionnaire. Donc, pour chaque jour de retard, elle avait un motif valable pour ne pas faire sa demande de chômage. Pendant ce temps, Rose remplissait, bien entendu, les conditions de disponibilité exigées pour recevoir des prestations d'assurance-chômage.

Selon la loi, vous avez la responsabilité de prouver que, pour chaque jour où il y a eu un retard, vous aviez un motif valable pour ne pas déposer votre demande.

Quelques motifs valables

  • vous avez été mal informé par une personne en position d'autorité (agent au comptoir du CRHC, employeur, directeur du personnel, syndicat, avocat, etc.);

  • vous avez attendu une réponse d’un régime d’indemnisation (comme la CSST ou la Régie de l’assurance-automobile du Québec, etc.);

  • vous attendiez un autre emploi qui n’a pas donné le résultat escompté et vous avez une lettre de l’employeur expliquant les raisons pour lesquelles il ne vous a pas embauché.

  • Vous avez été empêché de présenter votre demande, par exemple à cause d'un problème de santé.

C'est une question de faits et la Commission a le devoir d'accorder le bénéfice du doute au prestataire.

Un retard de 4 semaines et moins

Si vous déposez votre demande en retard, mais que ce délai n'excède pas 4 semaines, l'antidate est accordée automatiquement. Ce retard n'influera pas sur votre demande. Autrement dit, votre période de référence correspond aux 52 semaines qui précèdent votre arrêt de rémunération.

Conséquence d'un retard non justifié

Si le retard à déposer votre demande dépasse 4 semaines et que vous n'avez aucun motif valable pour le justifier, votre période de référence débutera à compter de la date du dépôt de votre demande de prestations (la période de base reste identique), ce qui vous fera éventuellement perdre des heures de travail dans votre période de référence et contribuera probablement à diminuer votre période de prestations.

Exemple

Roger demeure dans une région où le taux de chômage se situe entre 8 % et 9 %. Il travaille durant 52 semaines à raison de 35 heures par semaine. Son arrêt de rémunération (fin d'emploi) survient le 1er décembre 2007. Il dépose sa demande de chômage dans les quatre (4) semaines suivant son arrêt de rémunération. Sa période de référence est constituée par les 52 semaines qui vont du 3 décembre 2006 au 1er décembre 2007.

Mais si Roger dépose sa demande 2 mois après son arrêt de travail, et qu'il ne peut invoquer aucune raison valable, au sens de la loi, pour justifier son retard, sa période de référence débutera à compter du 26 janvier 2008 pour se terminer le 28 janvier 2007. Il aura donc perdu 8 semaines d'emploi (280 heures) dans sa période de référence (il y a un trou s'étalant entre le lundi 3 décembre 2007 et le vendredi 25 janvier 2008). Dans la mesure où le nombre d'heures travaillées à l'intérieur de la période de référence détermine la durée des prestations, Roger en retardant sa demande, déposée 2 mois après son arrêt de travail, perdra 8 semaines de prestations. En effet, un taux de chômage situé entre 8 % et 9 % lui donne droit à un maximum de :

  Semaines payables
52 semaines x 35 heures = 1820 h.
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44 semaines x 35 heures = 1540 h.
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